Le sculpteur
Après une carrière dans la communication publicitaire, Jean-Luc Mas s'est destiné au travail de la production artistique.
Après une longue pratique de la céramique et une production de pièces exclusivement façonnées à la main, Jean-Luc Mas frappe, assemble, soude le métal depuis maintenant plus de 10 ans.
Sculpteur sur métal, Jean-Luc Mas nous donne à voir des œuvres contemporaines complètes, alliant originalité et tradition. Ces sculptures en fer, au premier abord rugueuses et agressives, apparaissent soudain à nos yeux, des sculptures métalliques puissantes et emplis de symbolique.
Le Travail du Fer
Soudure, meulage… sculpter le métal requiert une dévotion totale de l'artiste face à son désir : soumettre la matière, tout en se laissant conduire, accompagner par elle.
L'artiste, à travers ses sculptures sur métal, manifeste l'ambigüité de la matière qui une fois soudée, meulée, se révèle en courbes parfaites et accidents. La matière noble qui ploie et se révèle double, équilibre étonnant des surfaces tendues : entre les angles aigus et la tendresse des courbes, le sculpteur révèle la force et la souplesse-même du métal.
A travers cette collection de sculptures en métal contemporaines, Jean-Luc Mas nous livre une œuvre duale, entre pesanteur et exaltation. Une ode à la matière et aux mythes, bercée entre vigueur et délicatesse. Une œuvre nait de l'humilité de l'homme et les fantasmes de l'enfant…
Parcours
2011
Galerie Forget - Poitiers
2010
Galerie Grand Rue - Poitiers - Exposition collective
2009
Place aux Arts - Poitiers - Exposition collective
Vente aux enchères par Maitre Ségeron
Hôtel du Département Préfecture de la Vienne - Exposition collective
2005
Exposition magasin Ségeron Poitiers (mobilier contemporain CINNA)
2000
Découverte et apprentissage du métal
1999
Biennale de Céramique - Abbaye aux Dames - Saintes
Réalisation d'une oeuvre monumentale à la Maison de la Terre à Dieulefit
Centre National de la Bande Dessinée et de l'Image (CNBDI) - RIVES - Angoulême
1998
Galerie L - Céramique & Verre - Hambourg
L' Atelier Galerie VERMAYER - Toulouse - Exposition collective
1997
Galerie Schèmes - Lille
1996
Galerie Epona - Paris
Ceramics Monthly - Revue Américaine - Article de 3 pages - Octobre
Galerie KNA Studio - Nantes
1995
Galerie Jour de Fête - Cahors
Salon des Méridionaux - Toulouse - 1er prix de sculpture
Galerie Art Présent - Toulouse
Galerie La Dame du Castellet - Castellet
1994
Salon des Arts Plastiques - Poitiers - Prix de sculpture
Exposition Galerie Z - Aigues-Mortes
Exposition Galerie Couleur - Montpellier
Salon Nimagine - Nîmes
1993
Stage au CNIFOP (glaçures céramiques hautes températures)
Commander une sculpture en métal
Les sculptures en métal de Jean-Luc Mas sont des pièces uniques.
Chaque sculpture sur métal est réalisée à partir d'un dessin préparatoire. Une œuvre personnalisée peut donc être réalisée sur commande. Prenez contact avec le sculpteur : contact@jeanlucmas.com
Origine : une place, un cirque, un enfant
Texte de Jean-Luc Mas
C'est une place de cité urbaine, le cirque s'installe.
Les camions rouges à bandes jaunes et une odeur forte, âcre, l'odeur des fauves que l'on entend déjà mugir au fond de leur cage.
D'autres animaux apparaissent ici et là sur les pelouses près des massifs de fleurs, les écoliers fascinés par ce spectacle rare, chahutent, impatients de découvrir la ménagerie.
La toile du chapiteau est à terre, immense ballon dégonflé qui attend de prendre vie.
Des hommes s'activent. Commence alors un étrange ballet.
Trois par trois, ils frappent à tour de rôle, une masse énorme en main, un long pieu de fer. L'écho des coups répétés résonne dans la tête de l'enfant ; le pieu perce le bitume et traverse la terre lentement, inexorablement.
Les hommes frappent, le visage sombre.
Le rythme est soutenu, la mécanique de leurs gestes précise, fluide. Les unes après les autres les masses se lèvent et s'abattent dans un concert métallique, la toile toujours avachie sur le sol.
L'enfant s'approche, la surface polie du métal brille. Le haut du pieu, écrasé par les coups est arrondie, à l'image d'un clou immense planté dans le goudron. Ce dôme de métal attire l'enfant, son doigt le caresse, le bord tranchant le surprend et le coupe. Une goutte de sang glisse de dessous sa peau.
Autour de lui, les gens du cirque, les mains serrées sur d'épaisses cordes tirent et tendent la toile.
Tandis que le chapiteau se gonfle dans l'espace, l'enfant presse un mouchoir sur son doigt.
Quel est donc ce chemin ?
Texte de Philippe Grosos
Quel est donc ce chemin qui mène d'un souvenir d'enfance à une œuvre d'art ? Faut-il, pour accéder à l'œuvre, commencer par se séparer de l'homme ou, une fois pour toute, prendre acte de son histoire ? Un enfant, fasciné par le brillant du métal, d'un métal martelé, et de ce fait comme brouillant de l'activité humaine, le caresse et se coupe. Tiens, pense-t-il sans s'en émouvoir, je saigne. Un adulte revenant sur cette scène, primaire, la décrit comme étant à l'origine d'une intuition, désormais faite œuvre.
Aujourd'hui, l'enfant devenu adulte frappe à son tour le métal. Mais il ne s'agit plus désormais d'enfoncer profondément un pieu dans le sol afin de tendre un chapiteau. Libérant ce qui aura été martelé de tout attachement, il s'agit de le soustraire à tout usage, de l'offrir à notre regard, et plus encore peut-être à la lucidité de notre main. Car là est le propre de la sculpture. Qu'elle puisse être touchée, caressée même, rend possible la sensualité par laquelle, elle-même, nous touche, c'est-à-dire nous affecte. Or ce toucher qui est le nôtre s'opère au risque de la blessure. Telle est l'ambigüité à laquelle l'œuvre de Jean-Luc Mas nous confronte, et qui trouve son fondement dans ce récit primaire qu'il aime à relater.
Celui-ci nous confronte en effet d'emblée à une scène qui n'est primaire qu'à être paradoxale. Elle conjugue tout à la fois l'imaginaire de l'attraction et de la répulsion ; elle n'attire que pour autant qu'elle repousse. La force de l'attraction est ici la force même de ce qui martèle, enracine, attache, fixe. Le pieu est ce par quoi le chapiteau pourra être tendu, ce grâce à quoi il résistera à la force dispersante des vents, ce par quoi il deviendra abri, havre et théâtre du monde. Le pieu est l'amer à partir duquel l'espace se déploie. Et quoi de plus essentiel pour une sculpture que de pouvoir être ce à partir de quoi l'espace prend forme et organisation ? Mais ce pieu a aussi la cruauté du tranchant. L'enfant s'y blesse, et le sang qui coule de son doigt, s'il ne l'émeut pas, le renvoie toutefois, devenu adulte et sculpteur, à l'immémoriale histoire de la souffrance humaine.
Le paradoxe de cette scène primordiale ne cesse de se retrouver dans les œuvres de Jean-Luc Mas, et il s'y retrouve aussi bien dans l'affirmation de son vouloir dire que dans l'expression, peut-être plus décisive encore, de son pouvoir faire. Quelle est en effet la représentation que l'artiste a lui-même de son œuvre ? Comment en parle-t-il ? Elle est pour lui, à en croire les titres qu'il confère à ses œuvres, une quête qui nous ramène à l'origine même de nos représentations religieuses : crucifixion chrétienne et exploration des enfers grecs. La souffrance est ici de mise, car là on cloue les corps et déchireles chairs. Aussi Jean-Luc Mas peut-il sculpter ce qui se donne à voir comme des clous, des pieux, des haches, des piques, des tridents, des pointes : autant d'instruments par lesquels l'homme aura pu blesser, meurtrir, voire torturer l'autre homme ; autant de réalisations qui, provocantes, appelleront la main du curieux, de l'amateur, de l'esthète à s'y confronter, et peut-être, lui aussi, à s'y blesser.
Toutefois, cette souffrance n'est jamais pleinement dissociée d'une puissance rédemptrice qui par elle, paradoxalement, peut s'exercer. Ainsi, les âmes plongées dans l'Hadès peuvent-elles retrouver leurs morts, et la souffrance qui rachète la faute peut offrir aux hommes la rédemption des âmes autant que de la résurrection des corps.
Reste que la fascination que suscitent ces œuvres ne peut être effective que parce que, devenues sculptures, elles s'enracinent dans la matière même qui est travaillée comme dans la façon qu'elle a d'être travaillée. Jean-Luc Mas frappe, assemble, soude le métal. C'est là un travail physique dont la vocation est de conférer à cette matière, plus encore qu'une forme, un rythme. La matière déploie son rythme propre lorsque, mise en forme, elle devient expressive, ici sous la forme d'une élévation, là d'un tranchant, là encore d'un effilement. Or cela ne signifie pas qu'elle déploie, à proprement parler, une signification. Car à vrai dire, ces œuvres de Jean-Luc Mas ne nous signifient rien. Elles ne sont pas un discours nous renvoyant à nos religions ou à nos mythologies. Tout au plus, dans l'étonnement de leurs rencontres, et avant même de pouvoir nous devenir des questions, nous apparaissent-elles dans la double lumière de la fascination. Légères et lourdes, pesantes et aériennes, mates et brillantes, polies et brutes, rugueuses et lisses, elles conjuguent matériellement chacune en elle la duplicité que leurs représentations font naître. Et c'est probablement en cela que l'artiste retrouve, adulte, l'émotion de l'enfant devant ce qui brille et qu'on ne voit pas, ce qui retient et qui tranche, ce qui, brouillant, ne cesse d'être assommé.
Un tel travail est le déploiement, la mise en forme, la mise en œuvre d'une émotion paradoxale. C'est aussi là ce qui le rend tranchant, pointu, saisissant, en un mot : vivant.
Texte de Philippe Grosos
Jean-Luc MAS - Sculpteur sur métal
11 rue du Vieux Moulin, Neuil
86700 PAYRE - France
Tel. : 06 189 074 05
Tel. : 05 491 891 55
Mail : contact@jeanlucmas.com